Une Fille Dans Le Nord

par Caroline D'Astous

De l'Abitibi à Montréal en passant par la Gaspésie, les Cantons de l'Est, la Californie et Québec me voici dans le Nord..avec un grand N!

Voyager au Nord ou l’art de se revirer sur un 10 cents et d’apprendre à respirer par le nez

Dans le cadre de mon travail j’ai eu la chance de pouvoir aller me promener dans un village de la côte d’Hudson à la fin août. En fait l’itinéraire planifiait un village, en réalité ce fût deux. Ce voyage était une mini-tournée de repérage en prévision d’une visite organisée par le gouvernement provincial. Ce fût donc flanquée de mes deux nouveaux potes du gouvernement que j’ai atterris pour la première fois à Inukjuak, petite bourgade d’environ 1 800 âmes localisée sur la côte d’Hudson. Cette visite se voulait très courte un petit layover avant notre destination finale, Umiujaq.

Parenthèse importante, Umiujaq est réputé pour être dur sur le voyageur, il est l’un des villages où il la (mal) chance de rester pris dû aux forst vents ainsi que la brume qui s’y installe fréquemment, et ce très confortablement, (à comprendre des jours et des jours) y est très grande.

Donc. Aussitôt atterris, anxieux de se dégourdir les jambes après un si long voyage entre Kuujjuaq et Inukjuak (2 heures de vol c’est long au Nunavik) mes deux compagnons de voyage me demandent la voix rempli du bonheur et de l’excitation qui habitent toute personne mettant les pieds pour la première fois dans un village nordique et sachant en son for intérieur qu’il n’y reviendra probablement jamais s’ils ont le temps d’aller se promener. Sortant mon meilleur air blasé de pseudo habitante du nord pas impressionnée je leur dis « bahhhh oui pourquoi pas, je vais rester ici mais allez-y notre vol de transfert est dans une heure et demie. Si vous vous sentez social essayez même de vous faire embarquer pour aller au village »

LA GAFFE.

À peine les vois-je sortir de l’aéroport, qui est en réalité plus petit que mon premier étage de maison, que j’entends « passengers to Umiujaq, passennnggersss to Umiujjjaqqq please come here » Et là je freeze et je me dis « Ah nonnnn baslack » (c’est public comme blogue alors je vais rester polie mais bon…. Ceux qui me connaissent s’imaginent bien ce qui m’a passé par la tête!). Je me traîne les pieds au comptoir en essayant de faire passer le message dans mes yeux le plus clair possible que cela ne me tente pas du tout de dealer avec ce qui allait se passer…. « Le vol pour Umiujaq va tenter une approche mais si la température ne le permet pas il n’atterrira pas et se dirigera directement au prochain village, Kuujjuarapik. Par contre il n’y a pas de place à l’hôtel de Kpik mais ici il y en a. Alors vous désirez faire quoi ? Rester ici,  booker une chambre et retenter le vol demain ou partir aujourd’hui risquer de ne pas atterrir et vous retrouvez à la rue? J’ai besoin d’une réponse là là. »

Hum. Hum. Hum.

« J’ai besoin d’une réponse làààààààààààà ».

Euh….. « je ne peux pas vous répondre lààààààà làààààààà je voyage avec deux autres personnes, c’est en fait leur voyage, ils me trimballe par politesse et pour faciliter les contacts alors je ne peux pas prendre  une décision sans eux et ils sont partis faire jolie pâquerette au paysage de votre village en s’exclamant « oh wow » aux deux secondes (je fais pareil ce n’est pas une maladie, en fait oui c’est une maladie de qallunaat en territoire nordique je crois mais je n’ai toujours pas été consulter.)

« Well I need to know »

Sort dehors, pas d’amis du gouvernement à l’horizon.

Et voilà que je me revire debord prise d’un soudain boost de confiance en moi je fais fasse à la foule qui a envahi l’aéroport en attente des prochains vols et je plaide ma cause à haute voix. Je radote que je dois décider si je vole ou pas mais que je dois trouver mes deux compagnons de voyage qui sont peut-être rendus au village (grâce à mon super conseil) blablabla. Bref un beau vomit de stress verbomoteur qui est accueilli par le plus pur des silences et même quelques haussements de sourcils et sourires en coin. En résumé on se fout de ma gueule et surtout on ne sympathise pas une miette avec mon état de stress, c’est clair que j’ai l’air d’une mongole à batterie. Mais une personne a pitié de moi, le seul autre passager qui était avec nous lors de notre vol précédent, il décide d’aller quémander un lift à un ami pour moi qui accepte de m’amener on the road retrouver mes deux amoureux du nord presto ! Alors c’est à bord d’une mini-vanne qui ne semble absolument pas consentante à rouler que nous partons sur le chemin. Premier fonctionnaire spotté c’est à grand coup de klaxons et de bras que je gigotte « envow’lle dans l’char asap ». Le deuxième maintenant. Nous le localisons loin dans un champ, merci pour l’imperméable jaune, en mode exploration de la toundra, alors que j’indique au chauffeur sa présence et que je pense que l’on s’arrêtera sur le bord du chemin pour faire un concert de qui hurle le plus fort. Et bien non on embraille ça dans le champ, faut croire qu’il y a une route quelque part sous cette herbe et ses roches et l’on récupère mon deuxième comparse. Je leur explique la situation et on cogite. Notre conducteur rigole sur son siège en répétant comme un mantra : « vous n’atterrirez pas, ils disent toujours ça, on va essayer, on va essayer mais ça marchera pas vous allez vous retrouvez sur le divan à Kuujjuarapik ».

On se tourne donc vers l’option thématique séjour impromptu à Inukjuak, trois joueurs, sujets pré-visite protocolaire!

De retour à l’aéroport l’on nous attend de pied de ferme prêt à prendre une décision à notre place. Alors que mes deux rescapés de la toundra règlent l’histoire des billets je me précipite sur le téléphone pour contacter l’hôtel. Après trois reprises je réussis (il n’y a qu’un certain nombre de lignes téléphoniques par village alors cela peut prendre plusieurs essais avant que vous puissiez rejoindre la personne, eh oui on est bien en 2012) à joindre les réservations avec des visions de nuit passée sur un divan je demande du bout des lèvres « vous avez encore des chambres ? »….. « oui…deux » ! Mes copains seront ultra copains et moi gras dur avec une chambre à moi. Ce fût donc un pépin qui se termina bien compte-tenu que nous avons pu découvrir un autre village, qui n’était pas sur la liste, tout en ayant un toit sur notre tête ce qui n’est pas toujours évident à avoir lors de séjour improvisé. Car bien que l’on pourrait penser le contraire les hôtels sont pratiquement toujours bookés à pleine capacité la semaine, il est incroyable l’activité économique qui se déroule au Nunavik. Bien entendu cela ne s’applique pas à tous les villages mais cela est souvent la norme pour les plus gros.

Le lendemain nous avons exploré Inukjuak sous un ciel bipolaire qui nous caressait la joue du soleil chaud de fin d’été et la minute d’après nous aspergeait d’un crachin maritime ultra hydratant pour la peau mais un brin chiant pour les lunettes. Lors de notre ascension vers l’aéroport nous avons même aperçu un arc-en-ciel paresseux, première fois à vie. La preuve dans les photos avec lien plus bas.

Bien entendu notre péripétie direction Umiujaq n’était pas terminée. Nous avons attendu plus de 3 heures notre vol, dans des vêtements trempés à la lavette, le crachin ayant pris de la maturité et s’étant transformé  en averse lourde et généreuse. Évidemment après avoir fait un gros vol de 35 minutes nous atterrissons en terre chérie d’Umiujaq où personne ne nous attend…. ! Alors on appelle à l’hôtel où il n’y a pas de réponse. Demande à la préposée si elle connait un autre numéro et on finit par localiser la personne en charge qui s’en vient nous chercher. Ça c’est la norme, il se peut fort bien que tu arrives et que l’hôtel ne soit pas venu te chercher qu’importe tu prends le bottin et appelle. Pas de réponse ? Pas de problème on demande autour de soi qui appeler et on finit toujours par trouver quelqu’un qui sait le numéro et qui connait la belle-sœur qui est marié au frère de la personne en question….. Mais ça je l’avais déjà dit dans mon dernier post, pas drôle écrire si peu et radoter autant!

Bref nous sommes arrivés à destination, nous avons découvert le sublime hôtel, non ceci n’est pas du sarcasme, l’hôtel a été construit tout récemment et donne vu sur la baie. Je me suis emparée de mon bottin téléphonique à 20h le soir pour localiser le maire afin de remettre sur la table nos rencontres manquées de la veille. The show must go on…. Et l’attente en valait la peine, Umiujaq est un village d’une beauté à couper le souffle!

Bien entendu le lendemain alors que nous tentions de retourner à Inukjuak pour ensuite filer vers Kuujjuaq nous avons eu droit à d’autres pépins du genre : Madame vous n’avez pas de billet de réservé » Mais rendue là on sourit, on secoue la tête et on se dit, sureeeee, sureeee

Oh et le premier avion en direction d’Umiujaq ? Oui il a bien atterrit. Mais j’aime croire que la joke n’est pas « on us »  car nous avons découvert un village supplémentaire et quand tu es au nord ce sont des visites inoubliables.

Voyager dans les villages nordiques peut souvent s’avérer une aventure, parfois votre avion partira mais ne pourra pas se rendre plus loin que tel village. Si vous y connaissez quelqu’un tant mieux, sinon on tente sa chance à l’hôtel, si on est plus tard que les heures normales on essaie de localiser un téléphone pour appeler….. Ce n’est pas toujours simple mais tout finit toujours pas s’arranger, il faut avoir l’esprit ouvert et surtout être flexible. Habiter au nord est un exercice de patience mais qui en vaut terriblement la peine !

Photos Inukjuak

Photos Umiujaq

 

Varia ou plein d’information random sur la vie nordique

Je n’ai pas de sujet vraiment intelligent à discuter alors j’ai pensé faire un ramassis d’information non-pertinente sur la vie ici.

Ici le port du pyjama n’est pas seulement réservé aux soirs/matin dans l’intimité de sa maison. Oh non, on rock la flanalette ici comme pas possible et avec des ti-design s’il-vous-plaît! Du léopard, du zébré, des oursons, des pinguins en fushia, aqua, orange alouette. On rock ça où ? Mais partout, à l’épicerie, sur son 4-roues, dans la rue, au bar….. Je vais avouer par contre que je n’ai pas vu personne au boulot en pyj, faut croire qu’il y a quand même une règle non écrite. Et détrompez-vous ce n’est pas juste les jeunes qui portent le style, leurs parents aussi.

À tout temps de l’année la machine à slush fonctionne. Et est rentabilisée ! Il fait 4 et le monde se font des brain freeze en tenant le tout à main nues alors que j’ai un frisson qui me parcourt le temps de me rendre à l’auto.

Le coût moyen des chambres d’hôtel à Kuujjuaq sont 250$ la nuit. Donc si vous désirez venir nous visiter on vous conseille d’apporter votre matelas gonflable (et une caisse de vin !).

Ici la poignée de main est la façon d’accueillir une personne. En fait, pour les locals ils se serrent la main dès qu’une personne revient en ville, et par revenir en ville cela veut dire avoir quitter les limites du village. Donc même si la personne est allée seulement camper il y a de forte chance qu’un ballet de main se fasse aller lorsqu’elle croisera d’autre monde. Au bureau, si quelqu’un revient de vacance c’est la norme de lui serrer la main.

Dans les autres villages (parce que Kuujjuaq c’est la grosse ville!) c’est fréquent d’arriver à l’aéroport et qu’il est des gens sur place venus juste pour voir qui arrive au village. Et qui te sert la main et te souhaite la bienvenue. Aussi très fréquemment alors que tu voyages dans les villages il va arriver quelque chose que tu n’as pas planifié. Exemple: tu as demandé à ce que l’on vienne te chercher et le manager de l’hôtel n’est pas là. Il est assuré que quelqu’un va remarquer que tu es la dernière personne qui reste et va te demander où tu vas. Il va probablement t’amener à l’hôtel. Où tu te buteras peut-être sur une porte barrée car tu es à l’extérieur des heures d’ouverture et personne ne sera là pour t’ouvrir. Mais qu’à cela tienne la personne qui t’a amené connait très certainement le manager fautif qui te niaise. Et il va partir à la chasse au manager pas fiable avec toi pour trouver son frère, son voisin, sa blonde bref n’importe qui qui pourra obtenir le code de la porte d’entrée et si tu es chanceux le code de ta chambre. C’est ça voyager au nord. Il faut être flexible et s’attendre à ce que rien n’aille comme prévu. Mais c’est pas grave car pendant que cela arrive tu rencontres des gens, tu crées des liens et ça c’est beautiful!

Il y a une route, enfin, un chemin hors-route de plusieurs km auquel on ajoute des km à chaque année. Le village voisin Tasiujaq fait la même chose dans l’espoir qu’un jour les deux routes se rencontrent et que les deux villages connectent. Cela serait une première car aucun des 14 communautés au Nunavik ne sont reliées entre elles par une route. L’hiver il est possible de se rendre dans certaines communautés des environ en ski-doo ou traineau à chien et l’été je suppose que cela est possible en bâteau mais cela est tout. Sinon l’autre option est l’avion et dépendamment de où l’on va le coût est assez élevé.

On m’a raconté une histoire que je trouver hilarante mais il se peut qu’elle ne soit pas véridique. Peu importe moi elle m’a fait bidonner. Lors de l’arrivée des catalogues Sears dans une des petites communautés il semble qu’un homme qui se sentait un brin seul tentait de faire comprendre à la petite dame au bout du fil qu’il voulait placer une commande pour un item dans les pages de lingerie. L’item en question était la charmante mannequin, mais pauvre lui il ne pouvait pas trouver le numéro de référence !

Je dois rectifier un point de mon dernier post. La viande est maintenant offerte, depuis un certain temps, fraîche car il y a un boucher en ville qui fait des coupes assez alléchantes merci! Alors put besoin de nous envoyer des vaches entières via cargo.

L’été et l’automne l’une des activités prisée de tous est la cueillette de petits fruits, au menu Arpik, bleuets, blackberries, et une petite baie qu’on compare à la canneberge. Il y même du monde qui s’achète des “peignes” à cueillette ce qui permet de faire une récolte plus rapide et plus abondante. C’est une activité que personnellement je préfère l’automne car l’été il faut se battre contre nos chères amies les bébittes. Et ça c’est pas charmant du tout.

Le chauffage est à l’huile. Oui c’est ultra polluant.

Bon je pense avoir fait le tour un brin, je vais continuer à accumuler des notes pour un autre varia un jour, avant 2014 je vous promets !

Manger ou l’art de dépenser une fortune à Kuujjuaq pour se remplir la panse

L’un des aspect primordial à l’alimentation au Nord, est de comprendre le fait que la nourriture arrive par avion.  L’été les deux magasins qui vendent de la nourriture font également monter des denrées non-périssables par bateaux.  Mais le plus gros de l’année si tu as envie de manger des bananes il faut que l’avion en est apporté (et surtout que le magasin en est commandé!).

Trois fois semaine il y a un énorme « freighter » qui arrive d’Ottawa, remplie à craquer de cargo. Il y également  l’avion qui fait tous les jours Montréal-Kuujjuaq qui possède un espace cargo, mais celui-ci  est restreint dépendamment du nombre de personne qui prennent l’avion ce jour-là.

Comme la nourriture arrive par avion cela se répercute sur le prix des produits, à comprendre que plus ils sont lourds/volumineux, plus ils seront chers. Certains produits reçoivent une subvention gouvernementale ce qui fait que le prix flirte un peu avec le prix du sud. Mais ceci s’applique sur une petite portion des aliments. Deuxième aspect à considérer : voyage par avion = produit pas toujours ultra frais ! Le temps que les fraises passent dans la salle d’attente entre partir du producteur aller au grossiste atterrir au cargo, se faire charger, se faire décharger et se faire placer sur les tablettes, elles développent parfois un très grand vécu qui se lit à travers les « poques » et le lichen blanc qui leur pousse dessus.  Appétissant, pas toujours, mais on apprend à couper alentour des blessures de guerre quand le craving devient trop fort.

On trouve de tout à Kuujjuaq, on est vraiment chanceux, ce qui manque en fait est la variété. Il faut savoir changer et adapter les recettes au gré des arrivages (ou des pas-arrivages si par exemple l’avion est resté collée au sol pour X raison).  Exemple notre lasagne a déjà viré en rigatonis gratinés. Impossible de trouver des pâtes de lasagne, zéro niet. Notre quête a duré une semaine ! Une fois qu’elles ont réapparues l’on s’est emparé de trois boîtes.  Le plus dur est si l’on désire des légumes frais durant les mois d’hiver.  Un souper de club sandwich s’est transformé en pâtes carbonara au poulet car la laitue et les tomates avaient décidé de tellement piquer du nez qu’on pensait être sur point de pouvoir commencer une conversation avec eux. C’est parfois frustrant mais on s’y fait.  Mais au rayon des fruits l’on retrouve souvent des mangues, des fruits de la passion, des caramboles mais parfois leur chair un peu molasse crie « mange moiiii là là liveeeeee! », au rayon laitier on a des fromages spécialisés : brie, St-André, St-Paulin mais eux aussi s’égosillent, souvent depuis même quelques semaines (!).  À date je n’ai jamais réussi à acheter du fromage en grains qui n’avait pas perdu la voix. C’est le défi 2013.

Mais comment ça coûteeeeeeeeeeeeeeeee ?!?! Alors là les potes j’ai gardé plein de factures pour vous donner une idée alors c’est parti mon kiki !

Sac de Tostitos : 6,15 $

Jus de canneberge (format régulier là pas le maigrichon mais pas l’obèse non plus) :12,99 $

Une grosse canne de soupe au pois Habitant : 6,25 $ (celle-là ça fesse! Ça devient un souper de luxe!)

Vinaigrette à salade Renée : 6,49 $

2L de lait Lanctancia 2 % : 4,49 $

Un sac de fromage râpé Kraft (le plus gros format) : 10,49 $

Kraft Dinner (essentiel pour une alimentation équilibrée) 2,29 $

Paquet de petits fromages Ptit Qc : 8,19 $

Œufs : 3,29 $ (la douzaine là pas chaque!)

Boîte de céréale (hum ça devait être quelque chose mi-santé) : 6,13 $

Bleuets : 5,85 $

Framboises : 5,99 $

Avocat : 2,99 $

Gros pot de yogourt : 5, 29 $

Boîte de Eggo (les grosses boîtes, c’est quoi 12 ?) 11,69 $

Jus d’orange Tropicana : 9,99 $

2L Coke : 9,99 $

Pot de yogourt glacé : 8,95 $

2 oranges : 2,58 $

4 prunes : 4,69 $

3 poires : 3,87 $

½ beurre Lactantia : 4,35

Pizza Delissio : 12,89$

Melon d’eau complet : 21 $

Paquet de trois piments (vert, rouge, jaune) : 8,49 $

Est-ce que ça vous donne une idée ? En toute franchise je vous avoue que je ne regarde même plus les prix. Je n’écoute même pas la caissière qui me dit le total, je glisse la carte, je fais Ok-NIP-merci bonsoir. Je ne veux pas me rendre malheureuse avec le coût de notre épicerie. Oui c’est cher, oui quand on revient dans le sud c’est un peu surréaliste de voir des framboises (fraîches!) à 2,99 $ en spécial et deux sacs de chips pour 5 $.  Mais la vérité est qu’on a besoin de manger et surtout l’on n’a tellement pas d’autres options que l’on prend ce que l’on a envie et that’s it. On ne peut pas aller au Starbucks du coin et on ne peut pas traverser au Ben and Jerry se goinfrer bien salement dans un bol de cookie dough (mais on peut acheter le pot en vente ici pour 10,99 $ …..)

Donc en résumé oui ça coûte cher, oui ce n’est pas toujours frais, non on n’a pas toujours ce que l’on veut exactement mais en vérité est que nous sommes déjà très très chanceux d’avoir un choix. Pour plusieurs autres communautés le coût est encore plus élevé car la nourriture doit voyager plus loin, elle est donc moins fraîche, plus chère et moins de choix. Et habitant dans une région isolée je trouve quand même fou le fait que je peux m’acheter du yogourt Oikos et des feuilles de riz + nouilles asiatiques pour me faire des rouleaux printaniers! Mais j’avoue que les jours où tu rentres à l’épicerie et que les comptoirs de fruits et légumes, de pain et de lait sont pratiquement vides, ça déprime un brin (vide pour plusieurs raisons, entre autre si l’avion ne rentre pas…..). L’astuce est d’aller faire son épicerie durant le jour, weird mais vrai. Les arrivages sont placés durant le jour et c’est la meilleure chance de mettre la main sur ce qui est frais et récent. Juste hier sur l’heure du dîner j’ai mis la main sur 4 succulentes prunes à la courbe fessière des plus alléchantes et alors que j’en dégustais une les yeux pratiquement fermés ma collègue s’enquit de son état. Je lui confirma qu’elle était succulente! Et bien le soir venu adios prunatatos, le comptoir était vide ! Alors il faut faire vite et souvent !

Il y a aussi la possibilité de commander son épicerie directement avec une épicerie du sud. Il y a notamment Marché Turenne et IGA Dorval je crois qui le font. Tu passes ta commande et ils l’amènent au cargo pour toi et c’est sur l‘avion du lendemain. Mais il faut par contre payer le voyagement de la commande ce qui revient à ce que l’on m’a dit pas mal au même prix que d’acheter les items au nord. La question ici est la fraîcheur et si l’on désire vraiment tel produit. Par contre, ce type de commande prend l’avion régulier qui fait Montréal-Kuujjuaq. Cet avion les lundi-mercredi-vendredi se rend également à Iqaluit une fois qu’elle a débarqué son stock à Kuujjuaq. Et cela est déjà arrivé qu’une commande d’épicerie fasse un tour gratuit all the way to notre troisième territoire chéri soit le Nunavut. Nul besoin de dire que tous les items périssables avaient…..péris!

Pour les observateurs vous remarquerez que dans mes exemples je n’ai pas mis d’items ménagers ou d’hygiène personnelle. La raison est fort simple ce type d’item est ce qui a de plus dispendieux. Provenant d’une étude voici la preuve :

Tide original 1,9 kilos : 20,47 $
Palmolive : 6,90 $
Un paquet de 6 rouleaux Bounce : 30 $
Une boîte de couches : 60 $
Dentifrice Crest : 4,45 $

Donc faire le plein de produits personnels est toujours au menu lorsque l’on descend. Pour les produits ménagers et de maison et bien l’on a une place qui vend ses produits en ligne (livraison gratuite!) que je garde secret ! D’un coup qu’ils font du Google Alerts je ne voudrais pas risquer de perdre mon Bounty pas cher pas cher :)

Vous pouvez consulter l’Indices comparatifs des prix du Nunavik 2011 de Nunivaat qui à recenser plusieurs produits au Nunavik versus les mêmes produits à Québec.

Sinon, autre grand absent de ma liste, madame la viande! Le problème est que la viande qui est vendue ici a déjà été congelée. Ils l’a reçoivent dans cet état. Alors quand elle est dans les présentoirs elle à décongelé une première fois. Donc pour consommer le soir même ou les jours à venir aucun problème. Mais si c’est en prévision de peut-être un moment donné disons que madame la vache ou le coquet poulet nous semblent un brin moins appétissant. Nous avons donc décidé d’investir dans une machine à scellé et l’on fait le plein de viande chez Costco la veille du départ, on met le tout dans des bacs avec indication à garder au frais (et la tite madame ajoute : LOURD sur la boîte, c’est de la vache quand même!) et rendue à la maison on remplit notre chez-nous de l’arôme appétissant de la viande crue (not!). Yesssss !

Parenthèse, il y a un truc qui se passe dans le nord depuis plusieurs années et bien que cela me rende extrêmement perplexe je ne peux le passer sous silence. Vous pouvez trouver ici des MacPoulet ainsi que des barils de poulet frit Kentucky congelés. J’ai toujours un blocage mental à voir ceci. Ne vous méprenez je ne suis pas anti-junk (loin de là McDo my love I missss youuuu!) mais certainement pas au point de vouloir acheter ce type d’items format congelés. Je ne fais que m’imaginer le goût et de légères convulsions me partent dans le bas du dos.

Je ne peux parler d’alimentation sans parler du changement de programme fédéral qui affecte toutes les communautés nordiques canadiennes. En mai l’an passé le gouvernement à annoncer que le programme « Food Mail Program » serait remplacé par le programme « Nutrition North Canada ». Ces programmes sont en gros une liste de produits qui sont subventionnés, donc qui coûtent moins cher à acheter. Avec le nouveau programme la liste a subit un régime restrictif et beaucoup d’items sont maintenant porté disparu. Suite à l’annonce il y a eu un tollé général dans toutes les communautés affectées au Canada et ils ont décidé de remettre certains items sur la liste pour une période d’ajustement et le nouveau programme sera effectif dès cet automne.  Donc dans quelques mois plusieurs items que je viens de vous mettre en exemple seront encore plus chers. Voici la liste finale si vous êtes curieux. Les grands oubliés sont les items personnels et produits ménagers qui ne recevront plus de subvention, zéro et une barre. Cela fera monter les prix en flèche et quand l’on regarde leurs prix c’est dur de voir à quoi on va se rendre.  Leurs mentalités est que si cela n’est pas périssable cela peut être commandé par bateau pour un coût moindre. Sauf que les bateaux ne viennent que quatre mois par année et les magasins n’ont pas d’entrepôts assez gros pour entasser des provisions pour l’année. Afin de construire un entrepôt il faut encore une fois prendre compte du fait que la majorité des (très dispendieux) matériaux doivent venir par bateau, il faut donc prévoir la construction près d’un an à l’avance, la période de construction est restreinte à quelques mois seulement et surtout l’énergie est beaucoup plus dispendieuse ici  (nous sommes toujours au diesel)  alors chauffer et éclairer un grand entrepôt demande beaucoup de sous. Enfin,  pour clore sur Nutrition North,  je tiens à rassurer tout le monde, le Cheez Whizz a été remis sur la liste il paraît, une vraie crise nationale avait éclaté lors de la rumeur qu’il ne serait plus subventionné. Point d’interrogation dans vos yeux ? Tant mieux je ne suis pas la seule donc !

Bon est-ce que je vous ai assez saoulé avec mes histoires de bouffe ? Allez-vous donner un giga câlin à votre comptoir débordant de produits du marché ? Je dois avouer qu’à cette période ce qui me manque horriblement sont les petits fruits frais que l’on achète dans les marchés extérieurs pour des pinottes. « Nicole m’a te prendre un panier de bleuets, un panier de framboises et une crête de fraises »

Ah petit pincement au cœur.

Bourrez-vous la face pour moi !

 

 

Un an : le bilan ou comment est-ce que le temps passe vite et que les choses changent… ou pas.

Je sais, je dois détenir un semblant de record pour la bloggeuse la moins assidue. Mais que voulez-vous,  mon envie d’écrire est partie avec Herman.  Son départ me pèse encore énormément  mais  je ne m’étendrai pas sur le sujet aujourd’hui, je voulais simplement réapparaitre le temps d’un petit bilan.   

Donc un an…….il y a un an que nous nous pointions au comptoir First Air avec 11 morceaux  ainsi que sept carry-on……Et par miracle tout s’est rendu à bon port, rien de garder en arrière en over, nop rien rien rien! Un an qu’on tentait d’empiler le tout dans le truck de ma patronne venue nous accueillir….C’était une journée printanière pluvieuse, bouetteuse….mais nous on s’en balançait, on a avait le cœur léger face à ce nouveau départ.

Un an plus tard qu’en est-il……

Nous sommes toujours heureux de notre choix et Kuujjuaq est plus que jamais notre maison. Par contre l’année n’a pas été de tout repos et a apporté son lot de questionnements, de déceptions et bien entendu de tristesse. Mais à-travers les larmes et la douleur nous avons eu beaucoup de moments de rire et de joie qui nous ont aidé à créer un équilibre.

En résumé cette année :

  • Nous avons malheureusement vécu l’une des pires expériences de notre vie qui a été de dire adieu à l’un des êtres vivant que j’ai aimé et aime toujours le plus de toute ma vie. Presque huit mois plus tard la douleur est toujours là et je pense à toi tous les jours Herman.
  • Nous avons connu des gens fabuleux qui nous ont fait sentir at home et sans qui notre vie ici ne serait pas pareille. Merci en particulier au DiCiero-Grenier de nous avoir ouvert les bras, votre amitié contribue de beaucoup à notre bonheur ici.
  • Nous avons expérimenté les fameuses vacances dans le « sud » lorsqu’on arrive du nord…ce qui veut dire courir après sa queue comme un veau fou, ne pas avoir le temps de voir tout le monde, ne pas avoir le temps de faire tout ce que l’on voudrait faire, établir une résidence secondaire au Costco et au cargo et surtout ne pas se sentir une miette reposée lors de notre retour à la maison. Fantastique ! À date, nos deux séjours ressemblent à ça, nous tenterons une expérience différente en septembre….
  • J’ai connu des déceptions professionnelles….oui on note le des…..j’essaie de toujours faire confiance à l’avenir mais j’essaie surtout de me concentrer sur ce qui fait ma vie en dehors du boulot. Ma plus récente déception a été la fermeture de SweetspotQC, donc les amis, vous ne pourrez plus me lire nulle part. Oui je sais vous pourriez me lire ici, c’est un pensez-y bien.
  • Par contre le boulot m’a fait voyager quatre fois dans cette année, deux fois dans des villages et deux fois au sud. Il est merveilleux de pouvoir découvrir des villages, surtout lors de mon deuxième voyage, à -45 plus vent, à prendre des photos et avoir le bout du nez qui me collait sur la caméra. Magique. Et non ce n’est pas ironique. Pour les voyages au sud et bien c’est du travail mais il serait de mauvaise foi que de dire qu’il n’est pas agréable de venir si ce n’est que de pouvoir manger au resto…mais surtout avoir le choix du resto!
  • L’Homme s’est blessé à la cheville ce qui nous amené à découvrir le système de santé nordique…. du pour, du contre et un sentiment général de frustration face au système à deux vitesses (non je ne parle pas de privé versus public!) mais bon l’Homme a réussi à survivre et il est de retour sur ses deux pieds. Si le temps a été long pour moi je suppose que je peux multiplier par 20 pour lui. Un grand merci à tous ceux qui ont pris soin de lui durant son séjour seul en béquille dans la métropole.
  • Nous avons décidé de rouvrir notre porte au monde canin avec Saskia, une boule d’énergie mignonne comme tout mais qui me gruge parfois le peu de patience que je possède….. Mais elle est si belle (soupir).
  • L’expérience «  avoir son vol d’avion annulé après 5 heures d’attente alors qu’un vol t’attend dans environ 48 heures pour le Mexique »  est également chose faite.  Il y un sentiment déprimant à récupérer tes bagages et retourner dans ton chez-toi où seul les pots de ketchup et de moutarde sont là pour t’accueillir. Le seul point positif, avoir des vouchers de 200 $ applicable sur de l’envoi cargo, parce qu’on s’entend que ce n’est pas sur billet à 2 800 $ que ça fait une différence
  • Le feeling de passer de -30 à + 30 à l’intérieur de 48 heures est également cochée sur la liste. C’est weird. Mais pas autant que celle d’admirer des sapins de Noël tout en te promenant en flip-flop. Et surtout pas autant que de croiser un homme en G-String blanc dont le devant est en fait un chapeau de Père Noël. Wrong in so many ways, je ne saurais pas par où commencer.
  • Il y aussi l’expérience : « certains de vos bagages sont restés à Montréal…. » incluant ZE sac qui contenait nos manteaux d’hiver, les pantalons d’hiver, accessoires….alors que le retour se fait à -40 plus vent et que le camion refuse de partir… Welcome home !
  • J’ai vécu le retour à l’enfance en enfilant à répétition mes pantalons de neige pour aller courir après Saskia et lui pelleter des tas de neige en pleine face (c’est un husky, elle adore). J’avais oublié qu’avec les bons habits il était possible de rester des heures durant dehors à jouer et marcher à quatre pattes dans la neige. Exaltant et surtout rafraîchissant !
  • Nous avons probablement eu plus de soupers d’amis que nous en avons eus de nos neuf ans à Montréal. Je suppose que la proximité et le fait que tout est pas mal à 10 minutes de route facilite les rencontres. J’ai surtout découvert les soupers de semaine….. tellement rare il me semble que dans le sud on soupe entre amis un soir de semaine, cela ne semble jamais vraiment une possibilité, c’est toujours le vendredi ou samedi…. Ici qu’on soit le lundi ou mercredi si on a le goût de souper,  on invite, parfois même à cinq minutes d’avance.
  • Ici quand l’électricité est coupé c’est tout qui tombe à l’eau….car cela affecte également la pompe…. à l’eau ! Donc pas de possibilité de douche, de faire la vaiselle. Ça aussi ça te force à te mettre au neutre.

Je sais que j’oublie probablement une panoplie de petits éléments qui ont ponctué cette année de parcelles de joie. L’important est qu’un an plus tard je ne regrette pas mon choix d’être venue m’établir ici. Il est certain que la vie n’y est pas toujours rose mais elle ne le serait pas toujours dans le sud non plus.

Le temps est parfois long mais j’y vois une force tranquille de la nature pour nous forcer à s’arrêter et nous faire apprécier ce que nous avons. Est-ce que ça fonctionne toujours…. ? Seulement quand le hamster hyper-actif s’en va faire la sieste, mais j’y travaille, j’y travaille fort !

En ce moment nous sommes au printemps. Il neigeotte encore ici et là. Je porte avec un cœur d’enfant mes bottes d’eau (de hipster comme dirait le Labradoodle) qui me permettent de faire fi des trous d’eau et de la boue et d’y piétiner gaiement sans soucis.  La rivière devrait dégeler dans quelques temps et nous aurons encore le privilège du spectacle des glaces qui échouent sur la rive. C’est un tour de calendrier qui passe, nous sommes rendus avec des réflexes tels que : « oui mais l’an passé…… ». Malgré l’année je me sens toujours en mode découverte et je sens que je n’arrêterai jamais d’en apprendre. Surtout si un jour j’ai la chance de découvrir d’autres villages qui sont à mon avis l’âme du Nunavik.

Sur ce, dans le pire des cas à l’année prochaine, dans le meilleur…. à bientôt….

Quoi de neuf ou la routine à Kuujjuaq

Oui je sais je sais, entant que pseudo-bloggeuse je ne suis pas très bonne à créer du nouveau contenu pour soutenir l’intérêt vif de mes lecteurs. Je m’excuse! Disons que la vie ici suit son court tranquille et que je ne considère pas avoir de quoi à écrire qui suscite beaucoup d’intérêt! Voyons voir.

Depuis mon dernier billet j’ai eu la chance de déguster trois autres délices typiques de la culture Inuit (ok pas vrai j’en ai juste mangé deux, l’autre j’avais oublié de l’ajouter, le nord me fait perdre la mémoire!)

Dans un premier temps mesdames, messieurs, j’ai nommé l’aqpik ! Aqpik est un petit fruit qui flirte pas mal côté look avec la framboise, elles partagent le style plein de petits renflements. Je l’ai dégusté sous forme de confiture ma foi des plus croustillante ! Ça crunch sous la dent pas possible! C’était délicieux, je n’en prendrais pas deux toasts car c’est assez sucré mais c’est très bon!

Dans un deuxième temps j’ai eu la chance inouïe de descendre les escaliers du bureau assez rapidement pour aller rafler le dernier morceau de banique à 2 $! Bon là on s’entend que la banique viendrait des amérindiens et blablabla moi je m’en fous c’est à Kuujjuaq que j’en ai mangé. On trouve des expertes en la matière alors pour moi ça fait partie de mon expérience nordique ! Alors? Hum délicieux ! Mais je dois dire que cela goûte comme deux gouttes d’eau aux beignes de ma belle-famille (du sang amérindien chéri!?)!  Bon là pour les attentifs vous me direz que j’en avais mangé au conseil à Kangirsuk. Ce n’était pas la même sorte de banique! Au conseil c’était comme un pita qui a mangé un claque et au bureau c’était de la banique dodue et moelleuse.

Et pour terminer, et bien, cher lecteurs, chère famille, sachez que je me suis finalement mise sous la dent le caribou! Oui ce grand animal si majestueux avec son big ass panache. Oh mon dieu. Depuis l’Homme et moi sommes sur un nuage et reluque avec dégoût notre bonne vieille vache. Divin, absolument divin! Nous l’avons dégusté sous forme de steak…oh la tendresse… oh le goût, oh oh oh…..Reste plus qu’à se croiser les orteils très fort pour se faire inviter à n’en déguster à nouveau car voyez-vous la viande de caribou ne se vend pas dans les épiceries. Il faut donc espérer fort fort avoir des amis qui en chasse et qui nous en donne ou encore avoir des potes qui s’en font donner et décide de le partager. Allez hop on allume un lampion, c’est une situation sérieuse!

Sinon à part me bourrer la panse eh bien qu’est ce que je fais…..et bien pour répondre à la question favorite de La Frisée, cette question qui fait toujours rigoler le Rat musqué soit la question : Tu fais quoi en fin de semaine ? Ah grande question….que j’aimerais vraiment qu’on arrête de me poser !!!! Mes weekends se ressemblent tous un peu tels des frères jumeaux non identiques, on voit l’air de ressemblance mais il y a un ti quelque chose de différent. Alors voilà pour les écornifleux voici voici! Le vendredi après-midi, comme je bénéficie d’un horaire d’été, je fais mon ménage : balayeuse et époussetage avec un ti coup de moppe sur les planches. Je vous dis, un an plus tard je serai rousse, desperate et adepte de riffles (pour ceux qui ont des ? dans le front, une chose, dimanche soir 21h00) Le samedi ou le dimanche je rédige mes deux chroniques hebdomadaires pour SweetspotQC et plus si j’ai d’autres demandes. Depuis la venue des bibittes la moto prend un peu de poussière dans le cabanon. Sinon on regarde la télévision et je fais du lavage. Parfois le chien y passe également, ça c’est une fois par mois. Oh et grâce à Postes Canada qui fait que j’ai reçu 12 magazines en même temps j’ai de la lecture entre deux coups de plumeaux et un changement de brassée. Oh et bien entendu la fameuse épicerie, c’est le dimanche habituellement, faut sortir sa patience!  Parfois la vie est pigmentée d’invitations dernières minutes, spontanées qui tel du sel rehausse le goût au tout. 

Mais ne vous méprenez pas ! Notre vie n’est pas plate ! On aime bien cette petite routine qui nous force à ralentir un brin, à accepter de relaxer et de ne rien faire. Ça fait du bien. Bon on ne se leurrera pas je ne dis pas que c’est facile pour moi qui a toujours le cerveau à on avec un hamster qui se fait aller tel Ben Johnston lors des Jeux Olympiques (oui je parle de quand il était high!). Mais petit à petit ça va faire son chemin. Petit à petit je vais apprendre à relaxer et  lâcher prise.

……… faut bien rêver dans la vie !

Kuujjuaq style ou à Rome on fait comme les Romains

Depuis les derniers jours j’ai eu la chance d’expérimenter certains aspects de la vie typique nordique. Non je n’ai pas tué d’ours et je n’ai pas mâché de la babiche pour me faire des raquettes (on est en juillet quand même !).

Expériences en vrac : J’ai débuté par manger de l’Artic Char, un poisson qui flirte pas mal avec le saumon. Il est le poisson du nord par excellence d’après ma compréhension! En fait j’en avais mangé fumé en sushi, excellent ! Et j’ai eu la chance d’en manger lors d’une superbe soirée où l’on me l’a servit cuit au BBQ sur une planche de cèdre. Délicieux! J’apprivoise tranquillement le poisson depuis quelques années et je pense que le nord va m’aider beaucoup dans cette quête maritime!

Je me suis finalement reprise lors de ma rencontre manquée au conseil régional pour tester les deux collations/gâteries typiquement Inuit. Dont le Pitsik. Il s’agit de saumon séché salé. Hum. Non. Malheureusement pour la mangeuse de sashimi que je suis cela n’a pas passé. Juste d’approcher le morceau de ma bouche j’avais l’impression d’avoir l’océan au grand complet qui essayait de me rentrer dans le nez. J’aime l’odeur de la mer, juste pas dans ma bouche! Mais la majorité du monde en raffole, quand il y en a vendre à la réception ça part tels des cupcakes dans un bureau de fifille.

Pour éliminer le goût du Pitsik on m’a fait goûter au Nikkuk, du caribou séché. Pas mal pas mal. C’est comme des chips plus consistantes c’est sûr, imaginez vous manger un bol de protéines au lieu de patates ultra légères. C’est un peu dur sur la mâchoire je trouve. Bref j’aime mieux que le Pitsik mais pas au point de m’en tapper un sac pour combler la fringale de 15h. Côté alimentaire c’est là où j’en suis. Non je n’ai pas l’intention d’essayer leur phoque qu’ils laissent baigner à température pièce….Surtout pas depuis que La Nurse m’a confirmé avoir déjà envoyé en Médévac des patients intoxiqués suite à la consommation de cette délicatesse Inuit. No thanks !

Je me suis donc tournée vers le côté culturel et qui dit culture dit activités et qui dit activité dit BINGO! Oui madame ! Ça bingotte dans le Nord c’est de la business sérieuse ! Tous les mardis et jeudis on tamponne avec allégresse ses tites cartes et on soupire de désespoir parce qu’a tout coup « il nous en manquait juste 3! ». Alors je me suis laissé entraîner un jeudi soir car let’s face it, un gros lot de 10 000$ c’est quand même alléchant ! Alors 80 $ plus tard, oui vous avez bien lu, 80 $ pour obtenir neuf cartes par partie, dix parties au total.

Au contraire du sud je ne me suis pas amusée dans un sous-sol d’église oh non le bingo nordique se fait dans le confort de chez-soi via la radio. Alors on syntonise le poste et le ou la petit(e) animateur (trice) nous nomme les numéros. En anglais et en inuktitut et quand ils se sentent wild ils shoot un peu de français ici et là. Mais ce n’est pas tout d’écouter les numéros sortir oh non il faut être attentive au début de la partie pour savoir le STYLE de bingo! Yes madam le style! Parce qu’ici une ligne c’est trop simple. Alors ça varie entre : Petit Y avec deux coins, Grand Y, Grand T, Petit T inversé, Picture frame (je tente toujours de la comprendre), Trois lignes (Yes celle là j’étais full dedans je me sentais en contrôle), des ti-T. Bref avoir été seule j’aurais probablement rien compris et noyée ma peine dans un bol de crème glacée. Mais comme j’étais super bien entourée j’ai célébré ma joie avec du vin (denrée extrêmement rare qui peut créer des réactions inexplicables à sa vue). Donc bref, chaque partie à des montants différents : 400 $, 300 $, 900 $ et arrive le gros lot, 10 000 $ ! Trois cartes pleines sont nécessaires. Ben non je n’ai pas gagné, il m’en manquait trois ! Mais c’était plaisant. Je me sentais experte, je me sentais comme si je m’appelais Ginette, mariée à Roger qui va à la messe le dimanche et fume des cigarettes à menthe avec mon tampon encreur aqua, I was fastttttt!

Pour noyer la déception on a poursuivi la session culturelle au Zoo. Bon je sais ça fait pas mal de fois qu’on va au Zoo. Mais c’est toujours entertainant! On voit toujours des nouvelles choses. Comme du monde qui tombe à terre exposant sa plus belle craque de plombier à vie (j’ai dit entertainant pas drôle là! Je ris pas du malheur des autres quand même!). Ou encore un africain-américain qui se fait aller le bassin avec tellement d’énergie que j’ai peur qu’une de ses hanches se détachent tellement il est dans le groove baby groove. Et soyez certain qu’avec ses move il est tombé dans l’œil de ses dames qui n’ont absolument pas appréciées qu’on aille faire deux-trois pas de danse à ses côtés. Oh Cibole, don’t mess avec les hommes des autres mêmes si c’est juste pour une tite danse carré!

Enfin vous n’avez pas à vous inquiéter nous ne sommes pas rendus accro au zoo ou des habitués. C’est juste que c’est le genre de bar où le monde vient non pas pour sortir mais pour boire donc il n’y a pas de regards de jugement. C’est le genre de place où tu arrives avec tes lunettes pas de make up et un point de plus si tu es en jogging. C’est le genre de place que quand le chanteur dit dans sa toune : « I throw my hands up in the air sometimes…. » ben tu lèves tes bras pis tu chantes en même temps et surtout tu te fermes les yeux. Parce que tu es dedans en tas! Et c’est aussi le genre de place qu’il y a un break dancer dans le village et quand il est sur la piste de danse tu cheers et tu cris pour l’encourager parce qu’il est vraiment hot ! Et le lendemain matin tu lui demandes s’il reste des chips dans le backstore.

Mais bon pour vous prouver que ma vie culturelle et sociale ne se limite pas du tout au Zoo j’ai expérimenté une autre sphère. Le beading. C’est ZE activité fifille du coin si j’ai bien compris (bien que certains membres de la gente masculine s’y adonne également, l’Homme n’a exprimé à ce jour aucun intérêt). Donc du beading, bien ce n’est pas compliqué c’est de la création avec des billes. Il a deux types d’après ce que j’ai compris il y a le type beading décoratif donc faire du beading sur des items exemple : mitaine, sac, botte, donc ça l’ajoute une touche décorative (Et il y a le beading qui est création d’objets en billes comme des boucles d’oreille (ou des doilys (toujours en recherche de photo). Oui des doily comme nos grand-mères faisaient mais elles c’était au crochet. Dans le sud cela a perdu en popularité mais ici oh no! Tout le monde en fait, en a. Pour ma part je me suis essayé aux boucles d’oreille. So far…et bien j’ai les longs bouts d’une paire de fait. Disons que un- je n’ai aucun talent manuel et de deux- aucun sens artistique. Alors c’était tout un défi mais je suis quand même fière de m’être donné la chance de l’essayer. So far je ne saisis pas encore du tout la routine : fil en bas, par en haut, via la bille, via le thread…WHAT….!?!?! Le nombre de fois que j’ai entendu « laisse-moi voir » suite à mes soupirs est assez élevé. Mais bon je dois au moins terminer une paire. At leat. Pour ma fierté personnelle. Pour les prendre en photo et exiger de la part de mes parents d’imprimer la photo et la mettre sur le frigidaire. Car mes travaux ont toujours été trop laids ou inexistants pour trouver place sur le frigo.

Alors voilà. J’ai mangé du poisson que j’ai adoré. J’en ai mangé que je n’ai pas aimé. J’ai mangé du caribou séché qui était ok. J’ai joué au bingo mais pas gagné. Je suis sortie au Zoo danser. Et j’ai fait une femme de moi en acceptant de faire quelque chose que je ne savais pas faire et je n’ai pas pleuré.

Pas si mal pour une sudiste arrivée depuis deux mois. Pile. Aujourd’hui. So far so good.

Montréal ou Oh toi cette ville que j’aime haïr

Une des premières réactions que j’ai eu lorsque j’ai annoncé mon départ fût très souvent : « ah ouain, le nord, ben là té une fille de ville, tu vas bad tripper non? ».

Une fille de ville. Non. Me. I’m not pas pantoute. Mais d’un autre côté oui quand même un ti peu. Confusing. Oui. Même pour moi.

J’ai commencé à flirter avec Montréal quand même assez jeune dû à la familia qui squattait la rive-sud alors que nous on s’amusait entre les épinettes et les morues. Mes premiers souvenirs de la métropole sont ceux du Complexe Desjardins. C’était un incontournable dans le temps des Fêtes, le Complexe et son village. Encore aujourd’hui quand j’y vais j’ai un petit serrement au cœur de nostalgie. Montréal m’a séduite jeune alors que je ne voyais que ces bon côtés, les grands magasins, les restos (et je ne payais rien encore mieux !). La lune de miel s’est poursuivit jusqu’à l’adolescence où ma mère me sortait chaque année de l’école, un après-midi de décembre pour aller faire du shopping de Noël à Montréal. J’anticipais toujours avec joie ces petites escapades. On stationnait au métro Longueuil et on prenait le métro….LE métro, expérience urbaine ultime.

Par la suite, j’ai quitté les Cantons pour The City afin d’aller au CEGEP. La lune de miel se poursuivait quand même. Les horaires variables, les Second Cup et cie avec leurs cafés trop sucrés et ultra caloriques, les nouvelles amies, les Dunkin Donuts ouvert 24/24, le Möven Pick et son gâteau au fromage tellement lourd qu’il représentait le paradis. J’aimais me croire pseudo intello en magasinant mes livres de français à l’Échange …en prenant des cafés au lait Aux Deux Maries. Cela a duré deux ans.

Ensuite j’ai quitté l’île un, destination Californie et au retour, la lune de miel était terminée. Le boulot de 9 à 5 (ou plutôt de 7h30 à 15h30 ou 8h00 à 16h ou get it?). Le métro en pleine heure de pointe. Toujours. Tous les jours. Un film sort, pas question de le voir à 13h dans une salle de 500 places avec 3 personnes. Il fait beau, pas question de pouvoir aller vacher sur une terrasse. Non. La vie quotidienne du travailleur moyen c’était la mienne. Bon ok je traînais un surplus de poids, j’étais baraquée comme une championne allemande d’aviron ….mais ce n’étais pas ça (juste) qui pesait sur ma vie.

Suite à cette année je m’exile dans la capitale provinciale…… pour revenir à nouveau sur l’île un an plus tard. Poursuivre les études universitaires. Dans un campus. Situé. À L’AUTRE BOUT DU MONDE. Si si. L’autre bout du monde. Une heure et demie de transport en commun. Oui je sais McGill, Macdonald, ils ont des vaches tellement c’est loin, DON’T CARE !!! Une heure et demie. Sur la ligne de métro la plus occupée. Sur la ligne d’autobus la plus longue et occupée (tellement longue qu’ils ont trois numéros d’autobus pour la faire….)

Et là, la lune de miel a commencé à légèrement fadée out… Achat d’une voiture. Oh god. Pour vous faire détester l’île acheté vous une bagnole. Bon là j’entends les écolos hystériques me dirent que franchement sur l’île pas besoin d’auto! Et ben allez vous faire foutre. Moi mes amies ne sont pas sur l’île (bien peu), ma belle-famille non plus! Et je n’avais pas les moyens (n’y l’intérêt) d’habiter central Montréal avec tout a porté de main. Et j’ajoute qu’avec un gros tata de 85 livres c’est pas mal pratique pour les multiples visites chez le vet, qui non n’était pas sur l’île, d’avoir un véhicule. Bref. Avoir une voiture en ville. Ça tue. Le traffic. Le monde se stationne selon la méthode du : « ah ça l’a fait toc je dois être assez proche ». Le vandalisme. Les déneigements. Les réparations de toiture qui prennent 10 espaces de stationnement. Les déménagements. Ça ne te fait pas aimer la ville.

La chaleur non plus ne te fait pas aimer la ville, surtout si comme Bibi la chaleur te tue. T’aplatis comme une crêpe bretonne. La ville retient la chaleur comme les cuisses retiennent le gras de tes chips. Fort. Toujours. Le béton siphonne la chaleur et s’en régale la panse tel Jabba the Hut. Et s’il fait chaud dehors il fait mortel sous terre. Arrivée au boulot avec deux gros cernes sous les bras, le mascara fuyant et les cheveux mouillés ça commence bien une journée. Et si en plus tu te dois d’être dans ce sauna en pleine heure de pointe, des pensées pas gentilles envers la grosse madame qui te pousse peuvent prendre forme dans ton esprit. En plus de détester la chaleur je hais les foules. Ça va pas bien en !! Je n’aime pas sentir mon voisin plus collé sur moi que mes meilleures amies ne l’ont jamais été. Pas normal. Alors chaleur, plus promiscuité. Non Montréal je te hais. Je hais tes trottoirs remplis de monde trop cons pour savoir marcher comme il faut c’est-à-dire en regardant droit devant avec un pas moyennement à très assuré (vous voulez papoter, z’aser, texter, TASSEZ-VOUS!).

Je hais tes métros qui arrivent en station avec des individus la joue écrasée dans la porte tel un enfant de 5 ans (et je ne vous parle pas de comment le degré de haine à augmenté lorsque la rive-nord c’est mise de la partie). Je hais tes tatas qui ne savent pas conduire, se stationner. Je hais tes line-up de débile pour aller manger.

Mais non Montréal cesse de pleurer là. Parce que tsé. Comme toute relation de haine tu sais que j’ai quand même de l’amour pour toi. Quand tes trottoirs sont vides en plein cœur de semaine je t’aime. Quand je peux savourer un chai latte sur St-Denis (Kusmi, the best) la face au soleil avec un quasi silence qui m’entoure, je t’aime. Quand je visionne the latest chick flick au cinéma centre-ville en plein cœur de semaine je t’aime. Bref je t’aime quand je suis en vacances et que tout le monde travaille. Bref je t’aimais quand j’avais une routine d’étudiante collégienne avec deux jours et demi de cours.

Bref maintenant que je t’ai quitté je vais pouvoir enfin recommencer à t’aimer. Car ce sont comme cela que les grandes histoires d’amour fonctionnent non?

Kuujjuaq en vrac

Parce que je n’ai pas de sujet en particulier mais que je sens que le paternel s’impatiente et trouve que ma fibre de bloggeuse n’est pas aussi intense que la sienne voici en vrac mes observations des derniers jours:

Nous avons fait notre deuxième sortie au Zoo:

Le plancher de danse était réservé en début de soirée par des danseuses élites que l’on croirait sortie du centre de l’âge d’or. Ça danse les bras dans les airs, les yeux à moitié fermés, elles sont dans leur monde, c’est de tout beauté. J’ai eu une pensée pour mes grand-mères.

Nous avons embraillé le pas en suivant la tendance ce qui équivaut à commander trois consommations à la fois. Dans mon cas j’y suis allée plus calmement, à coup de double.

Les crises de jalousie sur le dance floor ça peut arriver. C’est arrivé à deux reprises, on voit une fille foncée telle une furie sur la fautive, encore là de toute beauté. Non pas tirage de cheveu juste de l’attitude.

L’Homme c’est fait traiter de « Fucking Cop » à deux reprises. On blâme la grandeur et la largeur je suppose.

L’Homme c’est fait poker sur le chest par un granny qui lui chantait des insultes en inuktitut par la tête. On blâme la prise de bière en six pack je suppose (ou encore sa grandeur et largeur, on ne sait pas c’est quoi Fucking Cop en Inuktitut)

Tu sais que ta soirée est réussie quand tu l’a termine sur le dance floor a danser comme tu le faisais dans les « raves », que tu as presque l’impression d’avoir des glow stick des doigts et que pouf la lumière s’allume.

À Kuujjuaq c’est comme partout ailleurs, le fun diminue d’un cran à la lumière, il y a un malaise qui s’installe et on se sent pas mal moins « cool »

Fêter un vendredi soir scrap souvent toute ta journée du samedi. Ça c’est partout pareil.

Sinon en vrac :

À Kuujjuaq les moustiques sont sortis. Pas en fou mais ils sont là. On les entend avant de les voir. Ils sont gros. Ils (plutôt elles!) sont assoiffées…..

À Kuujjuaq quand il pleut et que tu as une moto il y a pas foule de choses à faire.

Je me flagelle tous les weekends de ne pas avoir apporté de lecture. Vraiment la pire connerie ever. Vive mon iPad pour le loader de minimum 200 livres. Non je ne kid pas.

Écrire des articles sur cinq activités à faire à Montréal c’est déprimant par bout. Même si je n’ai jamais vraiment assisté aux festivals, spectacles et autres me semble que là j’irais. On aime ce que l’on ne peut plus avoir je suppose.

À Kuujjuaq c’est partout comme ailleurs, les bulles se pètent vite.

Herman n’arrive toujours pas à combattre son adversité envers les huskys je le sens qu’il essais mais non le démon du parc de snobs près de McGill prend toujours le dessus. Bien que je dorme 8-9 heures par soir mon œil droit refuse de cesser de twitcher, c’est un combat ultime que je ne pense pas pouvoir gagner.

À deux mois moins 9 jours de mon premier départ j’ai vraiment envie de commencer à faire des listes et des plans. So far j’ai pris mon rendez-vous pour passer de moufette à hum…proprette ?!?

À Montréal les BMW 330CI ne semble pas être très attirante.

À Kuujjuaq le temps est parfois long mais ça c’est partout pareil. Certains moments sont longs, d’autres ultra court. Au bout du compte on arrive toujours au weekend, qui lui, passe trop vite.

À deux mois moins 9 jours j’ai vraiment très très hâte d’aller à la Banquise ou chez Julep. Fast-food I do miss you. Beaucoup.

À Kuujjuaq quand la poste arrête tu te sens encore plus seule au monde. À Montréal tu t’en fous un peu plus.

À Kuujjuaq c’est comme à Montréal j’aime pas mal parler pour rien dire.

Notre weekend ou quoi faire à Kuujjuaq !

Un autre weekend de passé. Dans deux mois exactement je serai de retour en sol montréalais, probablement coincé dans un traffic horrible mais je suppose heureuse de retrouver mon monde :)

Alors qu’est ce que l’on fait le weekend exactement à Kuujjuaq, et bien cela dépend bien entendu des goûts et hobby! De notre côté nous avons opté samedi pour un tour de moto vers la plage. Là même où j’avais vu la veille un ours noir. Oui oui un ours !!! J’étais en auto avec une collègue lorsqu’en tournant le coin je vois une masse noire se précipiter dans les buissons : ” A bear, a bear, it was a bear right!?!?” Malchance ma collègue n’a rien vu et croit que je me fous d’elle…..on reste dans le coin, recule avance, recule avance, zieute, etc. jusqu’à ce que (je hurle tout en lui agrippant le bras, je dois bien avoir laissé une marque!) THEREEEEEEEE!!! Et là derrière les buissons, bien assis à manger God knows what un beau ours noir….C’est le sourire fendu jusqu’aux oreilles que j’ai terminé ma journée énervée comme un enfant de cinq ans la veille de Xmas. Un ours, un ours ! Ma première “bête sauvage”! Wouhoouuuu. Bon le côté triste est que c’est ours doit être depuis très longtemps mort car on s’entend qu’ici les bêtes sauvages ne restent pas en vie longtemps, surtout si près du village. Pourquoi triste ? Parce qu’à cause de la détérioration de leurs habitats, dû aux humains, réchauffement de la planète et autre, ils doivent se rapprocher le plus possible pour manger et malheureusement cela les conduit près des villages. Cela dit je ne condamne pas la chasse, surtout pas dans le nord cela fait partie de leur culture et ils consomment leurs prises, cela n’est pas une question de prix ou encore de “trip” de tuer quelque chose tel qu’évoqué par des blancs-becs du sud. Enfin fin de ma longue parenthèse.

Donc samedi balade en trail…..nous avons décidé de nous arrêter pour escalader un rocher. Nous avons fait notre chemin dans ce chemin presque vierge, écrasant des malheureux petits buissons sauvages et rebelles qui essayaient de m’arracher le fond de culotte. Je n’ai jamais été aussi heureuse de mes bottes. Même lors de mon voyage en Irlande je n’ai vraiment réalisé leur potentiel. Elles ont une grip de l’enfer! Surtout sur les parois rocheuses. L’Homme me surnomme la chèvre et me challenge de monter telles et telles roches et la plupart du temps j’y arrive !! Alors on escalade le rocher, avec le lichen séché qui craque sous mes semelles. Le vent siffle, le silence en est étourdissant tellement nous sommes seuls au monde. Au loin l’on entend un VTT arriver sur le chemin par lequel nous avons arrivé et où la moto est stationnée, nous attendant gentiment. Le VTT arrête et le silence est tellement pure que nous entendons la conversation et nous captons “ben c’est leur moto” c’est alors que nos cerveaux font 1+1 et que nous réalisons qu’il doit s’agit de la famille de La Frisée! Avec un sifflement aiguë l’Homme leur indique notre présence. S’amorce la descente pour aller les rejoindre et c’est ainsi que nous avons rencontré non pas le frère de La Frisée et sa copine tel que nous le pensions mais son papa! C’est ça la vie nordique, à Montréal on se croise au Starbucks ici on se croise en bas des rochers.

Nous avons par la suite continué notre journée en découvrant une autre plage de Kuujjuaq. Certaines personnes y sont à pêcher. Quoi ? Je ne sais pas, ce sera mon enquête de la semaine !

Aujourd’hui nous avons décidé de retourner à la marina où nous sommes souvent allés et avons décidé pour la première fois d’aller marcher le long de la rivière. C’est au son des vagues qui frappent les roches que nous avons passé notre matinée. L’Homme impatient à décidé de sauter à l’eau. Enfin, sauter, plutôt marcher à l’eau. Alors que je portais tuque et mitaine il gambadait tel un gamin sur une beach de la côte Est. Pour les preuves rendez-vous au www.lefinaliste.ca vous y verrez un homme heureux, très! Nous avons poursuivi notre marche, longeant la rivière, escaladant les roches, m’aidant avec les mains lorsque je sentait les roches chambralantes sous mon poids (et non il n’a pas augmenté depuis mon départ !), choisissant de contourner par en arrière au lieu d’escalader des rochers deux fois plus haut que moi. Nous avons perturbé des bernaches dans leurs moments de repos. Nous nous sommes reposés, étendus sur une roche, à écouter les vagues, le soleil brillant au coin de l’oeil. Une matinée relaxante qui fait du bien à l’esprit.

Ensuite retour au bercail pour ma routine dominicaine soit: balayeuse, époussetage et rédaction.

Donc voici un exemple de nos weekend. Nous nous promenons, nous marchons. Pour l’instant les bébittes sont encore bien cachées alors on en profite. Mais je vous fais une confession….nous avons fait l’acquisition de manteau anti-maringouin. Si si, no joke. C’est un manteau que l’on enfile par la tête et tout est fermé. Un petit sentiment de claustrophobie surgit au début mais se calme par la suite….Ils seront utiles je crois…

La plage et la marina (non ce n’est pas les mêmes endroits) deviendront je crois bien nos endroits de prédilections. Le son des vagues amène un sentiment de calme tellement intense et bienfaisant qu’on serait fous de s’en passer. Lorsque nous regardons la rivière, la pureté de l’eau, nous nous disons “ouep, juste pour voir ses paysages cela vaut la peine d’être déménagé dans ce coin de pays” Une beauté pure et sauvage qui a un effet calmant instant.

Alors voilà un exemple de nos weekend. Rien de bien bien excitant mais nous sommes heureux de découvrir, visiter, regarder.

Canadian Tire ou les dépotoirs des villages nordiques

Ne soyez pas surpris si un jour une connaissance proche (ou lointaine ou quelqu’un que vous ne connaissez pas du tout!) vous raconte que lors de son séjour au Nord elle est allée au Canadian Tire. Non nous n’avons pas importé cette chaîne si chère au cœur masculin….. ici c’est le charmant nom que l’on donne aux dépotoirs. Enfin au dépotoir, un par village on s’entend, pas besoin d’arrondissement ici, one is enough! Bon là je vous entends plisser du nez (oui les plis de la peau qui froncent ça s’entend!) avec un petit air de princesse « Eurk dégeu » Bien oui que voulez-vous! Au sud, les dépotoirs sont des chasses gardées des mouettes et autres créatures exotiques nocturnes telles le raton laveur et la moufette, (qui non je ne crois qu’elles ont faite leurs entrées au royaume nordique encore…) au nord c’est un sujet de conversation!

Mais pourquoi !??

Et bien au cas où le concept de la région isolée vous échappe encore…..isolée pas éloignée là…. I-S-O-L-É-E…. veut dire que tout n’est pas à portée de main. Alors la dompe ou le Canadian Tire, as you wish, devient alors ZE place de choix pour trouver ce petit quelque chose qui nous manque pour finaliser notre réparation de motoneige, notre niche, réparer notre auto, etc. On y trouve vraiment de tout!

Nous sommes allés y faire un tour le weekend dernier…..par curiosité plus que réel besoin. Intéressant tout de même. La plus grande surprise : la quantité énorme de peaux qu’on y retrouve. Pour ceux dont le cerveau s’emballe et qui se dise « ayolle ze capote Caro ramène moi une peau d’ours pour mon foyer » (en fait j’espère que personne se dit cela car ça sonne assez idiot…et j’ose croire que les gens qui me lisent on un QI au moins average) on se calme. Je parle ici de peaux de caribou. Il y en a partout !! D’ailleurs tout le dépotoir est ponctué d’ossements animaliers…un petit crâne par ici, une colonne par là. Faut croire que c’est le spot où les bêtes viennent grignoter leurs snacks.

Mais Caro Caroooooooooo les odeurs làààààààà (toujours avec le son de la peau qui retrousse) ?

Ouain j’avoue qu’il y avait une tite odeur qui flottait dans les airs. Disons que l’été je m’abstiendrais…..J’ai bien passé à côté d’un tas noir dont la décomposition était très avancée et c’était dur de voir dû aux 100 000 mouches qui se régalaient à quoi j’avais à faire…mais l’odeur nan c’était correct. Blâmons la génétique, je n’ai pas vraiment de troubles olfactifs. Mais pas au point de devenir la chilleuse officielle du dépotoir de Kuujjuaq!

Donc si jamais vous êtes dans le nord et que la quincaillerie locale n’a pas ce que vous voulez (ou le vend à un prix astronomique) allez faire un tour au Canadian Tire vous y trouverez peut-être une petite merveille ! Ne vous attendez juste pas à recevoir de l’argent Canadian Tire en sortant……

Oh et si vous êtes attentifs la rumeur dit que vous pourriez voir des ours, des nouveaux potes quoi! Moi j’ai eu beau étirer le cou et prier très très fort au ti-Jésus rien niet aucun éclat de fourrure brune n’est venue poindre à l’horizon. J’étais très déçue. L’Homme vraiment pas. Chacun ses préférences.